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De nouvelles perspectives pour ECLASS : Gerd Schöbel s’exprime sur les standards et la numérisation

Lors de l’Assemblée générale d’ECLASS, Gerd Schöbel, de Bayer, a été élu pour la première fois au conseil d’administration d’ECLASS. Fort de plusieurs années d’expérience dans la mise en œuvre de projets de numérisation basés sur ECLASS, il apporte le point de vue concret de l’industrie de process. Dans cet entretien, il évoque ses motivations, l’importance des standards et ses objectifs pour ECLASS.

Gerd, félicitations pour ton élection au conseil d’administration d’ECLASS. Que représente cette nouvelle fonction pour toi ?

Merci beaucoup. Je suis très heureux de la confiance que m’accordent les membres d’ECLASS. Cette élection me donne l’occasion de mettre mon expérience de terrain au service d’ECLASS et de contribuer activement, aux côtés des autres membres du conseil d’administration, à son évolution.

Je suis convaincu qu’en permettant de décrire les produits et leurs caractéristiques de manière structurée, ECLASS constitue un socle essentiel pour automatiser les processus et les services numériques. Cela va de l’échange efficace de données à l’utilisation pertinente de l’intelligence artificielle. Je souhaite contribuer à faire évoluer ce standard afin qu’il réponde encore mieux aux besoins de la pratique et apporte davantage de valeur aux entreprises.

Tu travailles depuis plusieurs années sur des projets de numérisation basés sur ECLASS. Qu’est-ce qui t’a convaincu dans ECLASS ?

Tout est parti d’un projet visant à améliorer l’efficacité grâce à l’échange automatisé de données avec des fournisseurs et des prestataires de services. Nous avons alors constaté à quel point le marché était hétérogène et combien de solutions différentes, souvent propriétaires, coexistaient. Échanger des données avec les différents partenaires exigeait beaucoup de travail manuel et la mise en place de projets spécifiques. Cette approche peut fonctionner pour des projets pilotes, mais elle est difficilement évolutive à l’échelle industrielle.

L’échange de données est avant tout une forme de communication, et toute communication nécessite un langage commun. Dans l’univers numérique, ce langage commun ne s’est pas encore imposé dans tous les domaines. Avec ECLASS, j’ai toutefois trouvé un socle reposant sur une méthodologie éprouvée et déjà largement répandu dans de nombreux secteurs. ECLASS offre ainsi d’excellentes conditions pour faire passer l’échange de données entre entreprises à un niveau de qualité supérieur.

Selon toi, où se trouvent aujourd’hui les plus grandes possibilités pour ECLASS ?

Je vois une formidable possibilité dans le fait d’établir encore davantage ECLASS comme une technologie de base pour l’échange numérique de données entre entreprises. Dans une économie de plus en plus numérisée, il est toujours plus important de décrire les produits et leurs caractéristiques sans ambiguïté.

À mon avis, ECLASS pourrait gagner considérablement en importance au cours des prochaines années et apporter davantage de valeur aux entreprises dans plusieurs domaines :

  • une intégration plus poussée d’ECLASS dans les systèmes des entreprises et les systèmes métier ;
  • une meilleure coordination avec les standards et technologies complémentaires, comme l’enveloppe d’administration des actifs (Asset Administration Shell) ;
  • la poursuite de l’internationalisation et de la diffusion à l’échelle mondiale ;
  • l’exploration de nouveaux domaines d’application tout au long des chaînes de valeur numériques ;
  • l’amélioration continue de la qualité, de la cohérence et de la facilité d’utilisation.

Cette liste pourrait facilement être prolongée. Les possibilités qu’offre une description des produits et de leurs caractéristiques qui soit normalisée et univoque à l’échelle mondiale sont immenses. Le potentiel d’ECLASS l’est donc tout autant.

Concrètement, quelle contribution souhaites-tu apporter en tant que nouveau membre du conseil d’administration ?

Je pense que ma principale force réside dans ma compréhension de bout en bout des chaînes de valeur des industries de process et de la construction mécanique.

Les chaînes de valeur numériques relient de nombreux acteurs, aux exigences et aux perspectives différentes. Pour élaborer un standard qui fonctionne, il faut donc non seulement des compétences techniques, mais aussi une connaissance approfondie des applications pratiques et des défis auxquels les entreprises industrielles sont réellement confrontées.

J’espère pouvoir mettre à profit mon expérience dans différents secteurs et ainsi contribuer à faire évoluer ECLASS dans une direction résolument ancrée dans la pratique.

Il est tout aussi important, selon moi, de reconnaître qu’ECLASS n’est qu’un élément d’une infrastructure numérique globale. La compétitivité de demain dépendra en grande partie de la capacité d’ECLASS à collaborer avec d’autres technologies et standards. Je souhaite donc contribuer à renforcer les liens et la coopération avec d’autres partenaires technologiques importants.

Mon objectif est de contribuer à faire d’ECLASS un standard toujours plus performant et adapté aux besoins du terrain, tout en facilitant son intégration dans les processus métier existants.

Que doit faire ECLASS pour renforcer encore sa position de premier plan ?

Les défis sont nombreux et ne peuvent se résumer à quelques mesures. À mon sens, cinq sujets sont toutefois prioritaires :

  • accélérer les processus ;
  • améliorer la qualité des données ;
  • rendre le standard plus clair et plus facile à utiliser ;
  • le faire évoluer sur le plan structurel pour répondre à de nouveaux domaines d’application et à de nouveaux objectifs ;
  • renforcer les capacités financières nécessaires pour répondre aux besoins futurs.

Faire progresser ces sujets tout en assurant stabilité et continuité aux utilisateurs actuels sera un défi de taille.

Il sera essentiel de renforcer encore la coopération étroite entre l’industrie, les organismes de standardisation et les fournisseurs de technologies. Ce n’est qu’en réunissant ces différentes perspectives qu’un standard pourra évoluer avec succès sur le long terme.

Que dirais-tu aux entreprises qui n’utilisent pas encore ECLASS ?

ECLASS n’est certainement pas parfait, mais c’est, à mes yeux, la meilleure chance de mettre en place un standard commun pour l’échange numérique d’informations.

J’aimerais donc encourager les entreprises à s’impliquer activement. Rejoignez ECLASS, participez à son évolution et aidez à relever ensemble les défis qui restent à résoudre.

Un standard ne déploie pleinement son utilité que lorsqu’il est utilisé par le plus grand nombre d’acteurs du marché. C’est précisément pourquoi la participation active des entreprises est si importante.

La standardisation des données constitue le fondement des processus métier automatisés, des places de marché numériques, de chaînes d’approvisionnement efficaces et d’une utilisation réussie de l’IA. Comme tout investissement dans une infrastructure, les bénéfices immédiats peuvent sembler limités au départ. À long terme, cette démarche deviendra toutefois un facteur déterminant de la compétitivité des entreprises.

Ne passez pas à côté de l’avenir : contribuez à le façonner.

Gerd, merci pour cet entretien et bonne chance dans tes nouvelles fonctions au conseil d’administration d’ECLASS.

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